Le février de l'introspection

Cet article va constituer une petite parenthèse introspection, rien de bien passionnant en soi.

Mon mois de février a été un gouffre émotionnel, ça faisait très longtemps que je n'avais pas vécu un mois aussi éprouvant.

Après la fatigue de NY, on est enfin arrivés à Columbus, et deux jours après, on repartait déjà en week-end avec mes potes d'ici : cette fois-ci dans le sud de l'Ohio, à Fernhaven, là où mon ami Doug a une maison.

A Fernhaven donc, tout était réuni pour mon plus grand bonheur, avec mes meilleurs amis français et mes amis d'ici. Et pourtant, je sentais une pression pas très agréable au fond de moi, sans doute une sensation que tous les control freak dans mon genre connaissent parfaitement, quand ils réunissent des groupes différents ensemble. On a quand même passé une super journée, Lili, Max et Kantuta se sont éclatés à conduire le golf kart, Max a même fait un petit tour en canoë, et bien sûr on a fini par une petite promenade hivernale en forêt des plus agréables.















Au retour, on a cuisiné une tartiflette pour tout le monde, et on a commencé tranquillement la soirée, après que Doug nous ait concocté un petit feu d'artifice, comme a son habitude.

Allez savoir la raison, peut-être la fatigue, la pression, la joie de retrouver mes amis, mais j'ai fini par être pintée comme un archange* et résultat, j'ai fait souffrir une de mes plus proches amies d'ici a base de triangle amoureux digne des cours de récré. Je me suis réveillée le lendemain avec une quantité de souvenirs assez limitée : je ne vais pas m’étendre en détails mais j'ai reçu une belle flopée de regards moralisateurs au réveil (amplement mérités).

De retour à Columbus, rongée par la tristesse d’être en froid avec mon amie et la culpabilité, j'ai pris une décision encore plus stupide : appeler mon ex avec qui j’étais quand même restée en contact, pour en parler. Evidemment, totalement a fleur de peau, il n'a pas été difficile de me blesser et au terme de la discussion j'ai pris la décision de couper les ponts. Les semaines qui ont suivis ont donc été un sacre challenge émotionnel, mais heureusement j'avais ma Kantuta avec moi, pour m'aider a traverser tout ça.

Mais rien ne sert de s'apitoyer sur son sort, pensons plutôt aux leçons positives que j'en ai tiré :

J'ai beaucoup souffert, de cette "vraie" rupture avec mon ex en particulier, et avec mon hypersensibilité j'ai bien cru que j'allais devenir folle a ruminer dans ma tête, sans aucun moyen de calmer mon mental complètement aux fraises. J'ai donc décidé de me défouler physiquement : maintenant, je cours deux fois par semaine et ça me fait un bien fou.  Il y a quelque chose de rassurant a se dire qu'il suffit de se défouler physiquement, avec un moyen aussi accessible que la course pour calmer son mental l'espace de quelques minutes et y voir plus clair.

J'ai énormément parlé avec Kantuta de ma relation avec les autres en général, et avec les hommes en particulier, et j'ai retenu une chose qui va sans doute paraître absurde de simplicité mais qui ne m'avait jamais vraiment frappée auparavant : personne ne se souciera jamais plus de moi que moi-même.

Je m'explique : depuis mon arrivée aux US, j'ai été blessée de me rendre compte qu'une fois physiquement hors de la vie des gens, on n'existe plus. Je m'en veux d’être encore surprise de ça alors que la même chose était arrivée au Chili, mais plusieurs années d’amitié intense avec mon groupe en Bretagne m'avait convaincu du contraire. J'ai eu relativement peu de nouvelles ou d’intérêt a mon égard, ce qui maintenant, avec le recul et la distance me semble évident et explicable, mais dans un contexte ou j’étais en pleine rupture avec mon ex qui me disait clairement "si tu n'es pas devant moi je ne ressens plus rien pour toi", ça m'a paru très douloureux. Je me suis dit que personne ne se souciait vraiment de moi, que je n'avais pas de raison de rentrer en France à part pour ma famille et les quelques personnes avec qui je parlais régulièrement. J'ai commencé à me complaire dans l’idée que "de toute façon, être libre c'est être seul, autant vivre sa vie librement sans attachement aux gens" blablabla. Ne me jugez pas trop sévèrement pour ces gamineries, je suis tellement sensible, tout prend une proportion énorme avec moi.

Maintenant que le gros est passé, et que je suis en paix avec moi-même et avec le monde (ma pote est revenue vers moi), j'ai retenu une chose : dans la vie, personne ne se souciera plus de vous que vous-même, alors autant être votre meilleur(e) ami(e). Ça parait bête hein, j'en suis consciente, mais c'est pas si évident que ça. Le bonheur passe par apprendre a vivre avec soi même, savoir se comprendre et surtout, savoir être indulgent envers soi même. Et essayer de charger la responsabilité de son amour propre sur les autres, ce que j'ai essayé de faire depuis toujours, surtout avec mes amoureux, c'est une bataille perdue d'avance.

Donc voila, si vous me lisez et que vous êtes du genre a vous rabaisser constamment, essayer de changer votre attitude envers vous-même. Vous êtes humains, vous avez le droit d’être traversé par des émotions inhabituelles, d’être plus fragiles parfois ou même souvent : soyez indulgents avec vous même et apprenez a vous récompenser quand vous réussissez des choses, quel que soit l'importance de ces choses, petites ou grandes.

Voila ! C'est tout pour la niaiserie, les prochains articles retourneront vers des préoccupations plus matérielles.

Des bisous !

* elle est jolie celle la non ? je l'ai trouvé sur L'obs : Réveillon avec tonton : 50 façons de dire qu’on est saoul

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La bande son du drama :





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