Chicagow et passage dans les limbes
Bien le bonjour,
Laissez moi vous raconter mon petit week-end à Chicago avec Paula.
On est parti vendredi 14 septembre dans la nuit. En pleine soirée pour l'anniversaire de Fiona, une amie américaine, on s'est rendu à la station Greyhound de Columbus pour prendre un bus direction Chicago. On a eu un bref aperçu de l'état des stations de bus américains : c'est un peu l'enfer sur terre, rempli de fous, d'éclopés et de familles qui galèrent avec leurs bébés. Ça s'explique facilement puisque c'est le moyen de transport le plus économique ici, en tout cas c'est la seule alternative pour les gens qui n'ont pas les moyens d'avoir une voiture ou du moins de se déplacer en voiture. Et vu que c'est pour les pauvres, et ben ... c'est de la merde, vous excuserez mon langage. Il suffit de voir les notes sur google pour les compagnies de bus américaines : elles sont TOUJOURS en retard (ça varie de 10 minute à 18h de retard environ), les employés de la compagnie sont plus désagréables les uns que les autres, les stations sont sales, moches, déprimantes, et tout est fait pour mal se passer.
Et la station de Columbus n'est pas la pire. En prenant les billets en ligne je savais qu'on avait un arrêt à Indianapolis dans la nuit, mais je n'avais pas trop fait attention aux horaires. Résultat : à 2h du matin, le bus nous a éjecté à la station Greyhound de Indianapolis, où nous avons dû trouver un banc pas trop pourri pour tenter de dormir en attendant le prochain bus, à 5h30 du matin. Le bonheur. La station d'Indianapolis, c'est un peu la vision que je me fais des limbes. C'est un endroit ultra glauque, où tout est sombre, crade, ou cassé, rempli de fous qui déambulent autour de la pièce en lâchant un petit cri de temps à autre. La plupart des gens sont comme nous, en transition. Du coup les gens tente de dormir partout, par terre, allongés comme ils peuvent sur les bancs, en équilibre sur leur sac. Ah ! Et pour couronner le tout, la station se trouve sous une station de métro, de train ou sous une route, je ne sais pas, mais toutes les 10 minutes on avait droit à un énorme son sourd qui faisait vibrer toute la station. Et enfin, il n'y a pas d'écran pour annoncer les bus, il y'a juste une personne qui crie dans un mégaphone absolument inaudible, donc personne ne comprend rien, et les gens vont tous demander un par un à la personne si c'est bien leur bus qui est arrivé. Efficacité x 1000. Bref, en tout cas, malgré toute l'appréhension que j'avais à l'idée de m'endormir dans un endroit pareil, avec mon appareil photo, certes autour de mon cou, mais relativement visible ... je me suis endormie, et Paula aussi, jusqu'à ce que l'alarme nous sorte de notre torpeur pour nous rappeler de prendre le bus.
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| tite image pour vous mettre dans l'ambiance |
Je me suis aussi dit que c'était quand même pas mal la vision que je me fais des limbes, cet espèce d'entre deux complètement stoppé dans le temps, où tu attends ton "bus" pendant des heures sans qu'il ne vienne jamais, entourés de fous et d'éclopés, d'employés désagréables et incompréhensibles, dans cet endroit complètement hors du monde et du temps.
BREF après le reste de "la nuit" passée dans le bus j'ai constaté qu'on a été plutôt chanceuses puisque nous n'avons pas eu tant de retard que ça, et il n'y a globalement pas eu trop de soucis sur la route. Heureusement tout de même qu'on avait pris des vêtements chauds, parce que comme dans tous les bus du monde (à part au Chili, où les bus sont parfaits <3), l'air conditionné est à fond et on se les caille un max. Et notre motivation à l'idée de découvrir Chicago à pris le dessus sur notre manque de sommeil.
Donc arrivées dans la fameuse "city of wind", on a commencé par prendre un fat petit déjeuner fort mérité (fort onéreux aussi mais n'en parlons pas), à base d'oeufs brouillés, de café et de pancakes.
| Dans cet endroit précisément |
Et les gens sont adorables, sur le chemin jusqu'à l'appart de notre hôte Sameer, on a eu trois personnes qui sont venus nous demander d'où on venait et nous conseiller des choses à visiter.
On est arrivé en début d'après-midi chez notre hôte, le temps de se dire bonjour et de poser nos affaires et on était reparti pour explorer Chicago. On a mangé dans un restau cubain super chouette, puis on a été au Art Institute, un des meilleurs musées américains, d'après ce que les gens m'avaient conseillé. Je n'ai pas été déçue ! C'est immense, et il y a de tout : on a juste eu le temps de voir le pavillon d'art contemporain et le pavillon d'art moderne, où j'ai enfin clairement compris lequel je préférais (spoiler : l'art moderne).
En repartant, on a découvert par hasard le pavillon des miniatures, pour lequel j'ai eu un coup de foudre immédiat, mais malheureusement on a commencé à visiter seulement 10 minutes avant la fermeture donc j'ai juste eu le temps de voir quelques oeuvres magiques. J'arrive pas à expliquer ce qui me plaît tellement dans les miniatures, elles me fascinent, je suis submergée par un vrai sentiment de douceur et de tranquillité quand je regarde l'intérieur d'une maison par exemple, comme si la vie dans cette maison miniature était un havre de paix dans laquelle j'aimerais me réfugier.
| La paix, la maison de rêve quoi |
Après notre visite au musée, on a été voir le fameux Cloud Gate de Chicago, qui est une sculpture urbaine très jolie et très touristique, et on en a profité pour faires des petites photos, comme 100% des gens autour de nous.
Bon ensuite on est retourné chez notre hôte, on s'est posé sur son rooftop avec une pizza de Chicago et des bières, et on a admiré le coucher de soleil. Le bonheur.
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| Le concept c'est une pizza avec une fat garniture, un délice |
Pendant la soirée, on a été rejoint par deux de ses amis, et j'ai pu constater deux choses :
- Premièrement, on aurait difficilement pu faire une soirée plus américaine : sur un rooftop à Chicago, à boire de la bière dans des gobelets rouge, à manger une pizza entourés par les grattes-ciels, et à rire en regardant le vieux (célèbres pour les gens de l'immeuble) d'en face se promener tout nu devant sa véranda, comme il le fait apparemment tous les jours à 22h.
- Avec Paula, on a constaté quelque chose d'assez bizarre et qui j'espère est faux : la plupart des américains que nous rencontrons ne sont pas du tout intéressés par nous. Je m'explique : personnellement, quand je rencontre quelqu'un, je pose toujours beaucoup de questions, je m'intéresse à la personne. Paula aussi, et la majorité des gens que j'ai rencontré dans ma vie, en Europe ou en Amérique Latine sont plus ou moins comme ça. Ici, avec notre hôte de couchsurfing, et ce n'est malheureusement pas la première fois aux USA, on a été très surprise : il ne nous a RIEN demandé sur nous. Mais quand je dis rien, c'est vraiment rien : il ne nous a pas posé une seule question sur nous, ni notre nom, ni ce qu'on faisait dans la vie, rien du tout. Il a été sympa, généreux, il nous a parlé de Chicago, il nous a raconté pas mal de choses, il nous a beaucoup raconté sa vie, mais aucun échange avec nous. Bizarre non ? Espérons que le reste de l'année me prouvera que c'est une coïncidence si la plupart des américains que l'on a rencontré ne sont pas intéressés par nous.
Ils ont insisté pour que l'on sorte avec eux, je crois que l'un des gars était sérieusement intéressée par Paula, mais la fatigue a eu raison de nous et on a préféré rester dormir (de toute façon leur discussion tournait un peu trop autour de l'alcool, de comment ils peuvent boire des litres sans être bourrés et des fêtes et voyages respectifs qu'ils ont pu faire pour que cela soit passionnant pour nous).
Le lendemain on a été avec Sameer faire un tour du côté de Navy Pier, une zone très connue et touristique de Chicago, puis on a été faire quelques photos du lac et on a été prendre un merveilleux petit déjeuner dans un merveilleux restaurant, très typique encore une fois.
Après toutes ces aventures, on a pris le bus pour rentrer à Columbus. Il y avait encore une fois un arrêt à Indianapolis, pour 2h cette fois, mais le bus a eu un retard de 3h (qui est surpris?) donc on a eu l'occasion de rester dans cette charmante station quelques heures de plus. Évidemment, on a commencé à devenir folles à force de voir cet endroit démoniaque, donc on est allées se promener dans les environs et on a un découvert un bar merveilleux, qui payait vraiment pas de mine de l'extérieur, avec un superbe concert de blues qui a transformé une soirée plutôt mal partie en une soirée unique et dont on se souviendra longtemps je pense.
Pour l'anecdote, on a été surprise de ce qu'on a vu à Indianapolis, notamment :
- une importante quantité de voitures montées sur des grosses roues (sans rire, on en a vu au moins 5 en une heure) qui ne pouvaient pas s'empêcher de faire un boucan insupportable et de la fumée à aveugler tout le quartier dès qu'ils démarraient au feu,
- des motards aux cheveux et à la barbe longues et grises, sans casques, avec la musique à fond et des airs de Action Bronson,
- un type gros avec un t shirt orné du drapeau américain et du slogan "my rights don't end where your feelings begin", autrement dit "laissez moi faire joujou avec des fusils bande de fragiles",
- un patron de bar tatoué, aux cheveux longs et gris, à la barbe broussailleuse, très sympa avec un fort accent et qui m'appelait "sweetheart". Que de clichés, cette fois, c'était GTA IRL.
En tout cas cette soirée à été géniale, et on a eu le droit à une reprise divinement belle de Can't find my way home, qui sera gravée à jamais comme la bande son de ce petit week-end improvisé.
En résumé : Chicago, ça vaut le détour, et on serait bien restées une semaine de plus.
Tout ça c'était il y'a deux semaines, j'ai encore beaucoup de retard sur les news, je parlerai du reste dans un prochain article.
Des bisous !

































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